Les Saoudiennes seront désormais notifiées par texto en cas de divorce

Le pays espère ainsi réduire le nombre de cas d'hommes mettant fin secrètement à leur mariage sans en informer leur conjointe.

On pourrait presque croire à une fake news ou une info du Gorafi, le site satyrique, avec la nouvelle loi adoptée par l’Arabie Saoudite le 6 janvier. Les tribunaux saoudiens vont désormais notifier les femmes dont le statut matrimonial change, notamment en cas de divorce, par texto. Cette nouvelle loi aurait pour objectif de freiner considérablement les cas, répandus, d'hommes mettant fin secrètement à leur mariage sans en informer leur conjointe.

C'est le ministre de la Justice qui a annoncé la nouvelle lors d'un communiqué diffusé par la chaîne d'information Al- Ekhbariya : "Les femmes (...) seront notifiées de tout changement concernant leur statut matrimonial via un message SMS. (Elles) pourront consulter des documents liés à la rupture de leur contrat de mariage via le site internet du ministère".

Un -petit- pas pour une société très archaïque

Dans ce pays pétrolier ultra-conservateur qui impose aux femmes les restrictions les plus sévères au monde, cette loi prend place au sein de l'important train de réformes économiques, sociales et religieuses que mène le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS). En juin dernier, les femmes ont obtenu le droit de conduire et d'accéder aux stades sportifs mais elles ne sont toujours pas libres de leurs choix. Elles ne peuvent notamment pas voyager, faire des études ou se marier sans l'autorisation de leur parent masculin le plus proche, généralement le père et parfois le frère.

L’annonce de la loi sur les textos en cas de changement matrimonial survient d’ailleurs le jour même où une jeune Saoudienne, Rahaf Mohammed al-Qunun, interpellée à Bangkok après avoir fui son pays, a posté sur Twitter des vidéos d’appel "à l'aide de l'humanité". La jeune femme de 18 ans devait se faire rapatrier dans un avion pour l'Arabie saoudite via le Koweït. Selon plusieurs sources, elle venait de fuir sa famille pour avoir "renoncé à l'islam", affirmait être en danger si elle était rapatriée et demandait l’asile. A la suite du fort émoi suscité par ses messages Twitter, postés depuis sa chambre d’hôtel de l’aéroport, elle a été mise sous la protection du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU.

Des féministes torturées

Fin novembre, Amnesty International avait alerté une fois encore l’opinion internationale. L’ONG déclarait que des dizaines de militantes féministes avaient été arrêtées et torturées par les autorités saoudiennes et publiait plusieurs témoignages, évoquant des chocs électriques des coups de fouets et des agressions sexuelles. Les traitements avaient été tellement violents que certaines femmes n'étaient plus capables de marcher ou de se tenir debout.

Q.L.

 

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